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La Gazette du Voyage Insolite n°5

La Gazette du Voyage Insolite
2 sept.
7 min de lecture
La Gazette du Voyage Insolite n°5

Publié le 2 septembre 2026


Édito

Détendus, bronzés et les comptes dans le rouge, plus aucun doute c'est bien la rentrée !


Heureusement nous sommes là pour vous apporter le sourire, l'étonnement et toujours l'envie de voyager différemment avec nos belles histoires.


Dans ce numéro : la légende du Golem de Prague en podcast, un détour par Liverpool avec Penny Lane des Beatles en bande dessinée, un entretien imaginé avec Freud sur les syndromes du voyage et notre nouveau chroniqueur « El Incognito » et ses belles découvertes, et toujours nos adresses pour vivre à votre tour ces expériences.


Apparemment vous aimez la Gazette, 1000 mercis et n'hésitez pas à rejoindre notre compte insta pour suivre toute notre actualité.


Bonne lecture et une belle rentrée à tous.

L'équipe de rédaction de la Gazette


Prague et le Golem, quelle histoire !

Le Golem, une extraordinaire légende qui traverse les siècles et qui imprègne la ville de Prague. À savourer dans notre podcast.


Podcast : la légende du Golem de Prague

Visitez Prague et les secrets du Golem

Penny Lane is in my ears : les Beatles à Liverpool

Les Beatles et Liverpool c'est pour toujours, voici l'histoire de Penny Lane, un morceau d'anthologie nous plongeant dans les souvenirs d'enfance de John, Paul, George et Ringo.


Bande dessinée : l'histoire de Penny Lane des Beatles à Liverpool

Le Beatles tour à Liverpool

Allongez-vous, je vous écoute : entretien imaginaire avec Sigmund Freud

Sigmund Freud et les syndromes du voyage

« Docteur Freud, pourquoi le voyage nous fait-il perdre la tête ? »

Entretien imaginaire avec Sigmund Freud sur les étranges syndromes du voyage


LA GAZETTE — Professeur Freud, commençons par une question simple : pourquoi voyageons-nous ?

FREUD — Vous trouvez cette question simple ?

Nous prétendons voyager pour voir Florence, Jérusalem, Paris ou l'Inde. Mais peut-être voyageons-nous surtout pour nous éloigner de nous-mêmes.

Le problème, c'est que nous nous emportons dans nos bagages.

LA GAZETTE — Donc, même à 5 000 kilomètres de chez nous, impossible de nous échapper ?

FREUD — Vous pouvez changer de pays, de langue, d'hôtel et même de continent. Votre inconscient, lui, ne rate jamais le train.


« À Florence, le voyageur rencontre son propre idéal »


LA GAZETTE — Parlons du syndrome de Stendhal. Certains visiteurs de Florence ont décrit vertiges, palpitations, angoisse ou confusion devant une accumulation d'œuvres d'art. Peut-on vraiment être victime de trop de beauté ?

FREUD — Pourquoi pas ? Vous supposez que la beauté est nécessairement apaisante. Elle peut également être bouleversante.

Face à une œuvre extraordinaire, le voyageur ne regarde pas seulement un tableau.

Il rencontre quelque chose qu'il avait désiré, imaginé, idéalisé.

Et soudain, cet idéal est devant lui.

LA GAZETTE — Stendhal raconte justement avoir ressenti des palpitations et une sorte de vertige en visitant Santa Croce en 1817.

FREUD — Voilà un homme qui aurait probablement été très intéressant à recevoir sur mon divan.

LA GAZETTE — Vous auriez diagnostiqué un syndrome de Stendhal ?

FREUD — Certainement pas. À mon époque, cette appellation n'existait pas. Mais je lui aurais demandé une chose beaucoup plus importante :

« Monsieur Stendhal, à quoi pensiez-vous exactement juste avant que votre cœur ne s'emballe ? »


« Jérusalem ne crée peut-être pas le prophète. Elle lui offre une scène. »


LA GAZETTE — À Jérusalem, certains voyageurs connaissent des épisodes délirants à caractère religieux. Quelques-uns se croient investis d'une mission divine ou s'identifient à un personnage biblique. Comment l'expliqueriez-vous ?

FREUD — Jérusalem n'est pas une ville ordinaire.

Avant même d'y arriver, le voyageur la connaît.

Il l'a rencontrée dans les récits de son enfance, dans les textes religieux, dans les tableaux, dans l'histoire.

Il arrive donc dans une ville réelle qui existe déjà puissamment dans son imaginaire.

LA GAZETTE — La destination servirait de déclencheur ?

FREUD — Ou de théâtre.

Un homme porte peut-être depuis longtemps en lui des conflits, des désirs ou des convictions extraordinaires.

Puis il arrive dans un lieu où chaque pierre semble lui parler de Dieu, de prophètes et de révélation.

Jérusalem ne crée peut-être pas le prophète.

Elle lui offre une scène.


« Paris souffre d'un problème très particulier : Paris existe avant Paris. »


LA GAZETTE — Passons au syndrome de Paris. Il a notamment été décrit chez des voyageurs japonais confrontés à un décalage violent entre le Paris rêvé et la ville réelle.

FREUD — Voilà qui est merveilleusement humain.

Nous ne désirons presque jamais la réalité.

Nous désirons la représentation que nous nous en sommes faite.

LA GAZETTE — Paris serait donc victime de son propre mythe ?

FREUD — Exactement.

Paris souffre d'un problème très particulier :

Paris existe avant Paris.

Avant d'arriver, le voyageur a déjà construit sa ville.

Les cafés, l'élégance, les amoureux au bord de la Seine, les grands boulevards…

Puis il sort de l'aéroport.

LA GAZETTE — Le choc viendrait donc de l'écart entre fantasme et réalité ?

FREUD — Naturellement.

Et plus le fantasme est puissant, plus la réalité risque d'être cruelle.

Vous appelez cela le syndrome de Paris.

J'y verrais volontiers la déception d'un désir devenu réel.


« En Inde, certains voyageurs ne cherchent pas seulement un pays. Ils cherchent une autre vie. »


LA GAZETTE — Certains psychiatres français ont également décrit des voyageurs profondément déstabilisés pendant un séjour en Inde.

FREUD — Que viennent-ils chercher ?

LA GAZETTE — Pour certains : la spiritualité, le dépaysement, une rupture avec l'Occident, parfois une nouvelle manière de vivre.

FREUD — Vous venez donc de répondre vous-même.

Ils ne cherchent pas seulement un pays.

Ils cherchent une autre version d'eux-mêmes.

LA GAZETTE — Et si cette nouvelle personne n'existe pas ?

FREUD — Alors le voyage peut devenir inconfortable.

Partir très loin donne parfois l'illusion que l'on pourra laisser derrière soi ses conflits.

Mais vous pouvez abandonner votre appartement, votre travail et vos habitudes.

Vous n'abandonnez pas aussi facilement votre histoire.


« Venise ressemble déjà à un rêve »


LA GAZETTE — Et Venise ? Certains parlent, de manière beaucoup moins médicale, d'un vertige particulier devant cette ville irréelle.

FREUD — Venise m'intéresserait énormément.

Une ville construite sur l'eau, remplie de palais, de passages étroits, de masques et de reflets…

Elle possède déjà la logique d'un rêve.

LA GAZETTE — Vous analyseriez les gondoles ?

FREUD — Je vous conseille de ne pas me lancer sur ce sujet.


« Instagram est une gigantesque fabrique de fantasmes »


LA GAZETTE — Depuis votre mort en 1939, professeur, quelque chose a considérablement changé. Nous choisissons maintenant beaucoup nos voyages à travers Instagram et les réseaux sociaux.

FREUD — Expliquez-moi Instagram.

LA GAZETTE — Des centaines de millions de personnes montrent aux autres des versions soigneusement sélectionnées de leur vie et des endroits qu'elles visitent.

FREUD — Et les autres les regardent ?

LA GAZETTE — Pendant des heures.

FREUD — Remarquable.

Vous avez donc industrialisé le fantasme.

LA GAZETTE — Cela pourrait-il multiplier les « syndromes de Paris » ?

FREUD — Vous fabriquez une représentation parfaite d'une destination, vous la montrez continuellement au voyageur, puis vous l'envoyez confronter cette image à la réalité.

Vous avez construit une excellente machine à produire de la déception.


« Le véritable voyage commence lorsque quelque chose ne correspond plus à ce que nous avions imaginé »


LA GAZETTE — Finalement, tous ces syndromes ont-ils quelque chose en commun ?

FREUD — Peut-être.

À Florence, l'idéal devient presque trop beau.

À Jérusalem, le symbole devient presque trop puissant.

À Paris, le fantasme rencontre brutalement la réalité.

En Inde, certains voyageurs viennent chercher une transformation d'eux-mêmes.

Dans chaque cas, le voyage fait vaciller une frontière entre ce que nous imaginions et ce que nous rencontrons réellement.

LA GAZETTE — Alors voyager est dangereux ?

FREUD — Au contraire.

C'est peut-être précisément pour cela qu'il faut voyager.

LA GAZETTE — Pourquoi ?

FREUD — Parce qu'un voyage qui correspond exactement à ce que vous aviez imaginé ne vous apprend presque rien.

Le véritable voyage commence peut-être au moment où quelque chose ne correspond plus au programme.

LA GAZETTE — Un dernier conseil aux lecteurs de La Gazette du Voyage Insolite avant leur prochain départ ?

FREUD — Oui.

Emportez peu de bagages.

Mais ne vous faites aucune illusion :

votre inconscient voyagera avec vous.


Cet entretien est une fiction éditoriale. Les réponses attribuées à Sigmund Freud sont imaginaires et ont été écrites à partir de thèmes associés à la psychanalyse ; elles ne constituent pas des citations de Freud. Les « syndromes du voyage » évoqués n'ont par ailleurs pas tous le même statut scientifique ou diagnostique.


Préparez votre voyage à Florence
Préparez votre voyage à Jérusalem
Préparez votre voyage à Paris
Préparez votre voyage en Inde
Lire « Freud en Italie »

El Incognito, le Voyageur Masqué arrive

Mais qui est El Incognito, le Voyageur Masqué ?

Un masque pour signature, un regard curieux pour boussole.


Grand voyageur bien réel, El Incognito rejoint La Gazette du Voyage Insolite.


Il partagera régulièrement ses meilleures adresses d'ici et d'ailleurs : lieux confidentiels, hôtels singuliers, bars cachés et découvertes inattendues.


Son identité restera secrète. Ses coups de cœur, eux, ne le seront pas.


El Incognito, le Voyageur Masqué

Paris, juillet 2026.

Un petit bonheur à Pigalle


Je passais devant le Moulin-Rouge lorsque j'ai remarqué, quelques mètres plus loin, une élégante façade qui semblait vouloir rester anonyme.


C'était la Maison Souquet, ancienne maison de plaisirs ouverte en 1905 et devenue aujourd'hui un petit hôtel de luxe très discret.


J'aime les lieux qui ne racontent pas toute leur histoire dès le premier regard.


À peine entré, je traverse un salon mauresque avant de découvrir le bar, caché derrière un lourd rideau.


Le Salon des Petits Bonheurs porte bien son nom : fauteuils de velours rouge, boiseries sombres, cheminée et lumières basses et une élégance folle.


Je m'installe près d'un magnifique échiquier.


La carte des cocktails poursuit l'esprit de la maison en donnant à ses créations des prénoms de femmes évocatrices d'une autre époque.


Dita, la plus spectaculaire, associe champagne, vodka à la cardamome, yuzu, hibiscus et Chartreuse verte.


Leila préfère la framboise, la liqueur Saint-Germain, le citron, l'orange et le ginger ale.


J'ai choisi Leila. Il fallait bien faire un choix : goûter toute la carte aurait dépassé les exigences raisonnables de la mission d'El Incognito.


Les plus sages peuvent commander Léontine ou Ninon, deux compositions sans alcool à base de fruits et de gingembre.


Mon verre posé sur la table, j'observe les couples qui parlent doucement autour de moi.


Les voyageurs de Tripadvisor ont élu la Maison Souquet « hôtel le plus romantique du monde ».


Je comprends ce choix : ici, tout semble conçu pour faire oublier l'heure et le reste de la ville.


Mais inutile d'être amoureux pour apprécier l'endroit ; il suffit d'aimer les histoires, les beaux décors et les cocktails bien préparés.


Je suis ressorti dans Pigalle avec la sensation d'avoir découvert une adresse que l'on transmet à voix basse.


Je vous la confie tout de même, faites-en bon usage.


El Incognito — le Voyageur masqué


Le Salon des Petits Bonheurs de la Maison Souquet à Paris
Le Salon des Petits Bonheurs, Maison Souquet, Paris

Découvrir la Maison Souquet


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