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La Gazette du Voyage Insolite n°2

La Gazette du Voyage Insolite
16 juin
4 min de lecture
La Gazette du Voyage Insolite n°2

Publié le 16 juin 2026


Édito

Chers amis, chères amies, chers lecteurs, chères lectrices soyez les bienvenus dans ce deuxième numéro de la Gazette du Voyage Insolite.


Notre credo ? Partager avec vous des endroits, des histoires et des adresses qui vont vous donner envie de voyager différemment.


Ici, pas de records inutiles, pas d'hôtels « le plus comme-ci ou le moins comme-ça », pas non plus de « j'ai déniché pour vous le meilleur... » et encore moins de course à l'audience sur les réseaux sociaux.


Non, ici tout simplement, nos expériences et nos découvertes partagées avec vous.


Au programme de ce numéro : un hôtel traversé par la frontière franco-suisse (interview), l'incroyable récit de la création du Sirtaki (podcast) ; la folle histoire d'une cabine téléphonique perdue dans le désert des Mojaves (comic strip) ; une île privée à louer au large des Côtes-d'Armor ; un retour dans les années 60 sur la Nationale 7 (album à feuilleter).


Vous aimez ce numéro ? Partagez-le avec vos amis et vos proches — il est gratuit, et franchement exceptionnel, non ?


Bonne lecture,

L'équipe de rédaction de la Gazette


La belle histoire à écouter : Et Zorba créa le Sirtaki !

Et Zorba créa le Sirtaki, un podcast de la Gazette du Voyage Insolite

Préparez votre voyage à Stavros, Crète

La cabine devenue légende : la cabine téléphonique du désert des Mojaves

Comic strip : la cabine téléphonique du désert des Mojaves

Mojave Phone Booth, Goffs, Californie
Une des dernières photos de la cabine devenue légende — Mojave Phone Booth, Goffs, Californie, Route 66

Préparez votre voyage dans le désert des Mojaves

Le rêve à louer : l'île Koeur

L'île Koeur, île privée à louer près de Paimpol en Bretagne

L'île Koeur — Louer sa propre île en Bretagne, c'est possible

Il y a des rêves qu'on croit réservés aux milliardaires. Louer une île privée en fait généralement partie. Et pourtant, à dix minutes en bateau de la plage de Roch'Hir, non loin de Paimpol, l'île Koeur existe bel et bien — et elle vous attend.


0,6 hectare de granit rose et de nature préservée à l'embouchure du Trieux, face à l'archipel de Bréhat. Une maison datant de 1748, entièrement rénovée en 2023, avec cinq chambres, trois salles de bain et trois terrasses offrant une vue à 360 degrés sur la mer. Le tout pour dix personnes maximum — et pour elles seules. Pas de voisins, pas de passage, pas de bruit sinon celui des vagues et des oiseaux marins.


On y arrive sans permis bateau, à bord de petites embarcations que l'on pilote soi-même. On y pêche, on explore les fonds marins, on se balance dans un hamac, on regarde le soleil se coucher sur Bréhat depuis la terrasse. Et si l'envie de ne rien faire se fait sentir — c'est aussi ça, l'île Koeur.


Site classé Natura 2000, zone naturelle protégée. À partir de 1 200 € HT la nuit pour dix personnes.


L'île Koeur, la vidéo

Réservez votre voyage à l'île Koeur

Retour dans les années 60 sur la Nationale 7

Album à feuilleter : le Grand Embouteillage de la Nationale 7 à Lapalisse

Préparez votre voyage à Lapalisse

Une nuit sur deux frontières : l'Hôtel L'Arbézie Franco-Suisse

Chambre de l'Hôtel L'Arbézie Franco-Suisse à La Cure, Jura

Un hôtel à cheval sur la ligne de la frontière franco-suisse avec une histoire extraordinaire. Rencontre avec Alexandre Peyron, gérant de l'Hôtel L'Arbézie Franco-Suisse, à La Cure (Jura).


La Gazette — On dit que votre hôtel est né d'une ruse. Est-ce vraiment l'histoire d'un contrebandier plus malin que Napoléon III ?

Alexandre Peyron — En quelque sorte, oui. En 1832, la France et la Confédération helvétique s'apprêtent à redécouper la frontière dans la vallée de Dappes. Un certain Ponthus, 25 ans, contrebandier à ses heures, comprend immédiatement l'avantage d'avoir un champ coupé en deux par la nouvelle ligne. Il construit en une nuit une maison à cheval sur les deux pays. Quand le traité est ratifié en 1863, son article 7 protège les droits acquis — la maison est intouchable. Mon arrière-grand-père Jules en a fait un hôtel en 1920. Depuis, la frontière traverse littéralement les murs, les escaliers, certaines chambres. À la 7e marche — ou la 13e, selon qui raconte —, vous passez de France en Suisse sans même vous en apercevoir.


La Gazette — Concrètement, que se passe-t-il quand un client se lève la nuit pour aller aux toilettes ?

Alexandre Peyron — Il franchit une frontière internationale en pyjama. Dans la chambre 12, le lit est en Suisse et la salle de bain en France. Dans les chambres 6 et 9, on dort la tête côté helvétique et les pieds côté républicain. Et la suite de la lune de miel a son lit coupé en deux par la ligne. Juridiquement, les autorités des deux pays ont trouvé une solution élégante : l'hôtel est considéré comme suisse par les Français, et français par les Suisses. Une sorte d'extraterritorialité mutuelle, par bonne volonté réciproque.


La Gazette — Pendant la Seconde Guerre mondiale, votre famille a fait passer des fugitifs. La frontière n'était donc pas qu'une curiosité géographique ?

Alexandre Peyron — Non, et c'est ce qui donne toute son épaisseur à l'histoire de cette maison. L'hôtel se trouvait exactement sur la ligne de démarcation entre zone occupée et zone libre. Mes grands-parents, Max et Angèle Arbez, ont fait passer des Juifs, des aviateurs alliés, des espions. La géographie de la bâtisse était une protection : on entrait d'un côté, on ressortait de l'autre. Plus tard, en 1962, c'est ici que se sont tenues les négociations préliminaires des Accords d'Évian — les représentants français arrivant du Jura, les délégués du FLN depuis Vaud. L'Arbézie a été un lieu de passage, au sens le plus fort du terme.


La Gazette — En 1958, votre grand-père Max a autoproclamé une principauté. Faut-il comprendre que vous gérez un État ?

Alexandre Peyron — Mon grand-père avait beaucoup d'humour — et peut-être un peu de sérieux dedans aussi. Il a créé la Principauté d'Arbézie, avec son propre drapeau triangulaire — la forme du terrain l'imposait — et un blason à l'épicéa rouge sur fond jaune. Il a même émis une monnaie, la roupie arbézienne. C'est Edgar Faure, alors député du Jura, qui avait baptisé les lieux de ce nom. Aujourd'hui, l'Arbézie reste une micronation autoproclamée. On n'a pas de siège à l'ONU, mais on a deux restaurants : une brasserie côté France et un gastronomique côté Suisse. Et au milieu, le bar — pour mettre tout le monde d'accord.



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